Chaque personne a une tolérance différente aux enfants. Je me souviens avoir été très peu tolérante moi-même il y a mmhhhh allez une dizaine d’années environ. Mais je me contentais de marmonner dans mon coin et en général ce sont surtout les enfants « mal elevés » qui m’a toujours gonflé.

Ceux qui vous bousculent, vous piétinent allègrement les pieds sans même dire pardon et dont les parents n’ont même pas un regard d’excuse en votre direction alors qu’ils ont parfaitement vu ce qui se passait. A cet âge, j’étais aussi particulièrement intolérante aux cris d’enfants. MAIS… mais jamais je ne me suis sentie en droit de dire à des parents qu’ils feraient mieux d’être chez eux avec leurs enfants, ou que les cris de ceux-ci étaient intolérables. Jamais. Je me suis toujours contentée de râler dans mon coin (ou avec l’amie qui m’accompagnait, elle se reconnaîtra je pense ;) )

C’était cet âge où je me disais encore que je ne voulais pas d’enfants. Parce que oui, jusqu’à l’âge de 25 ans environ je ne me voyais pas du tout devenir maman. Absolument pas. Même pas en rêve… Vous situez là ?

Il paraît qu’on tolère toujours bien plus de ses enfants que de ceux des autres. Oui bon… c’est sans doute parce qu’on a pas tellement le choix. Quand les enfants des autres pleurent ou crie, on peut toujours s’éloigner, rentrer chez soit… Quand c’est le vôtre, vous n’avez pas tellement d’autre choix que d’attendre que la crise passe et qu’il ou elle se calme.

Pourtant ce week-end, j’ai pu croiser une première personne en prenant le train, que j’avais un peu envie d’emplafonner avant la fin de mon voyage jusqu’à Paris, puis lundi le comble. La goutte d’eau. Ce qui m’a conduite à écrire ce billet, comme une envie de m’épancher ici.

Premier exemple donc de vendredi dans le train.

Ticali et moi voyagions seuls depuis Toulouse. Entre Toulouse et Bordeaux, train quasi-vide, un wagon avec 5 ou 6 personnes (nous compris) jusqu’à Bordeaux. Pourtant, 20mn à peine après le départ, j’entends un monsieur râler juste assez fort pour que je l’entende. « Il me gonfle le gosse là, on ne va pas supporter ça jusqu’à Paris! ». Le gosse. Le seul du wagon. Le mien. Qui papotait. De Toulouse à Paris, 5h30 de train, ajoutez à ça une demi-heure de transports en commun juste avant, sanglé dans le porte-bébé dans mon dos. Et mon fils babillait. Pas un seul pleur. Et pourtant ce monsieur était « gonflé ». Plusieurs fois au cours du voyage j’ai eu le droit de l’entendre râler comme ça.

Sachant qu’entre Toulouse et Bordeaux les wagons étaient vides, qu’est ce qui empêchait ce monsieur de changer de siège ? Mhhh ? Rien. Non, il a préféré râler tout le long du trajet. De mon côté je me suis retenue de me lever et d’aller lui dire ses quatre vérités, parce que ça n’aurait rien arrangé. Parce que je n’avais pas spécialement envie de me prendre la tête avec un stupide inconnu pour démarrer mon week-end.

Lundi par contre, j’ai craqué, en tentant de rester polie tout de même…

ticali

Lundi donc à Paris, en se cherchant une sortie à faire en famille, le chéri remarque l’expo Ghibli, sachant que ça ne peut que me plaire, il me propose d’aller la visiter. Nous voilà donc partis en fin de matinée. Ticali sur le dos encore une fois. On arrive du côté du Jardin des plantes. On se trouve un petit resto pour déjeuner, où les gens sont adorables avec Ticali, pour compenser le vendredi et ce qui arrive pour la suite. On se balade un peu au Jardin des Plantes. On laisse Ticali s’amuser dans un petit parc et puis hop direction l’expo.

On arrive là-bas, on entre. Mes yeux s’allument et pétillent devant les illustrations des maîtres de l’animation et Ticali quand à lui s’empare de l’audio-guide et papote avec. On se fait une demi-heure d’expo quand le petit commence à en avoir marre d’être dans le dos de son père et pleurniche 1mn en me tendant les bras.

Je le fais descendre, le laisse marcher, il marque une pause devant tous les écrans avec des séquences des films d’animations et… tombe. Il pleure bien sûr, comme la plupart des enfants de son âge, me dit qu’il a bobo. Je le console, et, le voyant fatigué, je le remet dans le porte-bébé ou il s’endort. Fin de l’incident.

Nous continuons notre parcours, je prends quelques photos en douce – non mais c’est méchant d’interdire les photos, même si je comprends bien qu’ils essaient de préserver les illustrations, mais sans flash c’est suffisant non ? – et à 10mn de la fin du parcours, Ticali se réveille en hurlant. Deux options : il a fait un cauchemar, ou simplement est affolé à cause du repose-tête du porte-bébé, qui l’oblige à ne pas bouger la tête et qui lui fait peur à chaque fois.

Et là… alors qu’on essaie de le consoler. Je vois une dame, croisée un peu plus tôt, qui me dis quelque chose. Je ne comprends pas (oui j’ai un bébé inconsolable dans les bras), je m’approche et elle me dit « c’est dur quand même pour lui. » Je lui répond qu’il dormait et vient de se réveiller en hurlant à cause d’un cauchemar. Ce à quoi elle me répond « non mais je vous suis depuis un moment et il n’a pas arrêté de pleurer ». La dame était effectivement dans la même salle que nous quand Ticali est tombé et à pleuré un peu plus tôt. De là à dire qu’il a pleuré tout le long… Je m’échauffe et je lui répond qu’il ne faut pas non plus exagéré, qu’il n’a pleuré que deux fois. Ce à quoi elle me répond je ne sais quoi, de toute façon je ne l’écoute plus, je suis énervée, j’essaie de consoler mon fils, j’ai autre chose à faire que de discuter avec une c… Elle continue, et je me retourne en lui répliquant que de toute façon je ne vois pas en quoi ça la concerne.

Ticali se calme, on termine la dernière salle, que je visite bien énervée, et râlant. C’est là qu’un jeune homme qui était à côté lors de l’altercation (ou peut être étaient-ils ensemble je ne sais pas) me sort « si je peux me permettre, on n’emmène pas un enfant qui pleure dans un musée ». Là je vous avoue ça me coupe un peu le sifflet… 30 secondes. Ce à quoi je lui demande ce que je suis censée faire de lui. « Ben vous avez fait un enfant, vous assumez! »

Je suis un peu abasourdie. Donc selon ce jeune homme, si j’ai fais un enfant, je me cloître chez moi et je ne sors plus sous prétexte qu’il pourrait pleurer ? Ce que je lui dis. « Oui mais là il a beaucoup pleuré » répond-il.

Beaucoup ?

10mn sur environ 2h30 de visite ?

ticali_train

Et puis je préfère m’en aller, je commence un peu à trembler de rage, à ce moment-là. J’ai un peu envie de dire à ce jeune homme que peut-être le jour où il aura des enfants, et ou il aura envie de faire une sortie dont l’occasion se présentera une fois, mais qu’il aura un ou plusieurs enfants avec lui et que des gens lui feront des remarques stupides et invasives, il pourra l’ouvrir, mais je préfère m’en aller, je n’ai pas envie de gâcher totalement cette visite.

J’ai souvent entendu, à l’époque où je n’étais pas maman, des parents répondre à des « non-parents » qu’ils feraient mieux de se taire puisqu’ils n’ont pas d’enfants. Pour certaines personnes, c’est tellement vrai. Parce que pour ceux et celles qui ont encore de naïves illusions. On a beau se promettre que « moi quand je serais maman » je ne ferais pas ci, je ne ferais pas ça… en général, on s’adapte à nos enfants, on se retrouve à faire des choses qu’on s’était promis de ne pas faire, qu’on a pu critiquer chez les autres.

J’assume totalement mon enfant, contrairement à ce que semble croire ce jeune homme, mais je ne crois pas que ce soit, comme il a pu me le dire au court de la conversation, un manque de respect envers le reste des gens qui visitaient l’exposition. Le musée est ouvert aux enfants, nous avons payé nos entrées (pas données en plus), et j’aurais peut être du me précipiter à l’extérieur aux premiers pleurs ?

Franchement, avant de râler sur les enfants qui pleurent parfois, et d’adresser des remarques douteuses aux parents, il faudrait peut être songer que le parent qui est en train d’essayer de calmer son enfant est déjà :

1. sur les nerfs

2. sans doute gêné parce qu’il a conscience que ça gêne

3. un être humain comme les autres et comme il ne va pas se défouler sur son enfant qui pleure même s’il est sur les nerfs (enfin normalement) vous pourriez bien finir par prendre une main sur votre tronche en fait avec vos remarques à la con… (ah non ça c’est peut être juste moi)

4. qu’on peut difficilement empêcher un enfant de pleurer

5. que 10mn de pleurs sur 2h30 de visite, ce n’est PAS beaucoup.

6. Travaillez votre tolérance, ça ne vous ferait  pas tellement de mal.

 

Quand je pense qu’on a passé 4 jours à silloner les Musées à Londres, avec, à certaines visites, un Ticali vraiment insupportable (genre le musée des sciences naturelles) sans jamais avoir une seule remarque désobligeante (alors que moi, j’en avais tellement marre de l’entendre pleurer que je n’arrêtais pas de dire au chéri, « allez on rentre »)… Je me souviens aussi d’un resto chinois, où je suis rentrée au milieu du repas parce que Ticali hurlait (c’était la période, je hurle tout d’un coup, pour tout, et n’importe quoi) et que c’était insupportable et où la serveuse m’a dit, tout sourire, « mais non restez, ça ne nous dérange pas » (mais je suis partie quand même, c’était juste pas possible)…

Vraiment là je suis abasourdie par tant de bêtise de la part des gens, « faites des gosses, mais surtout restez chez vous avec »… le genre de remarques qui me met sur les nerfs, parce que en maman qui garde son enfant depuis deux ans, 7/7j, le nombre de fois ou on m’a sorti ce genre de choses, la plupart du temps venant de parfaits inconnus ou de gens qui me connaissent par personnes interposées. Oui Ticali m’accompagne quasiment partout. Non, je n’ai pas de mode de garde. Mes parents et mes beaux-parents ne vivent pas à côté, je ne passe pas mon temps, comme beaucoup de parents qui ont cette chance à me reposer sur eux. J’assume mon gosse et j’estime que j’ai tout à fait le droit de vivre comme je l’entends et de me balader avec lui le plus souvent.

Pas que ça m’arrange par moments, parce qu’en deux ans, je me suis souvent retrouvée à devant l’emmener à des rendez-vous professionnels. Mais pas une fois alors que j’étais en réunion avec des clients, ceux-ci ne m’ont fait une remarque. Et pourtant, il est arrivé, plusieurs fois que Ticali pleure et réclame mon attention au cours de ces rendez-vous. On a fait des resto, des musées, des soirées entre amis, des mariages, on a pris l’avion, le métro, le bus, le train (manque juste le bateau) avec lui. Toujours, quand il était vraiment insupportable, j’ai pris sur moi, et je suis partie, par égards pour les autres personnes justement. Mais j’estime qu’il est insupportable quand il hurle plus de 10mn.

Pardon d’essayer à la fois de vivre ma vie  et de la vivre au rythme de mon enfant tout en essayant de l’intéresser et de l’éveiller à tout ce qui se passe autour de nous…

Après le palmarès des remarques stupides quand on est enceinte, on enchaîne avec les remarques stupide s(pour rester polie) quand on a enfant…

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