Lilian a un trouble déficit de l’attention. Le verdict est tombé en novembre l’année dernière (2019 donc). Je l’ai juste évoqué ici, et j’en ai pas mal parlé sur insta, parce que j’avais besoin d’évacuer mes angoisses notamment. Je pense que je vous parlerais de tout ça étalé sur plusieurs articles car il y en a des choses à dire !

Cela fait longtemps que j’avais envie de vous en parler ici mais j’ai eu du mal à poser ces mots. A construire un texte sans paraître vouloir me plaindre ou me justifier. J’avais surtout envie de partager avec vous sur ce sujet qui me touche et qui touche peut-être certain.e.s d’entre vous et peut-être d’aiguiller un peu d’autres parents qui sont encore dans le flou sur ce sujet ou qui ne connaissent pas du tout comme moi avant d’y être confrontée.

Au fil de cette presque année où il s’est passé énormément de choses pour mon grand qui rentrait au CP, je pense que nous avons tous grandi et appris dans la famille, même si ce n’est pas facile tous les jours (comme dans, je pense, la plupart des familles normales) mais il y a aussi eu des mots durs, des choses difficiles à avaler et au contraire ces petits mots qui regonflent un cœur de maman.

 

Je pense que déjà, il peut être bon d’expliquer de quoi on parle.

 

Le trouble déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (les deux vont souvent de pair) ou TDAH pour les intimes. Déjà, soulignons les choses, contrairement à ce que j’ai pu entendre au cours de l’année écoulée, ce n’est pas une « maladie », on n’attrape pas un TDAH on naît généralement avec. Il s’agit donc d’un trouble neurologique caractérisé par un manque d’attention, une impulsivité, une hyperactivité. Avant d’essayer de mettre votre enfant dans une « case » (et ce n’est pas le but, mais c’est tout de même plus simple quand on sait ce qu’on a en face de nous), sachez que ce trouble doit être diagnostiqué par un spécialiste. 

 

Ca vient d’où ? 

 C ‘est encore un peu flou mais à priori il y a une forte cause génétique et il peut y avoir une question d’environnement aussi. Il faut savoir que 3 à 5% des enfants sont touchés et les garçons sont plus susceptibles de le développer. 

 

Comment on s’en est rendus compte ?   

A la maison, monsieur a toujours trouvé que Lilian avait du mal à se concentrer, moi, j’avoue, sans avoir vraiment d’autre élément de comparaison, je me disais qu’il était encore petit et très rêveur. Sa maîtresse de grande section m’avait toutefois dit que ce serait à surveiller avec le CP mais pour elle, il s’agissait surtout d’un « manque de maturité ». 

 

Le début du CP a été un peu… chaotique. Changement d’école, de copains, de maître (il était avec la même maîtresse depuis deux ans), les devoirs, plus de travail en classe… Le maître c’est vite rendu-compte qu’il y avait un soucis niveau concentration. On a saisi la balle au bond et on a pris rdv le plus rapidement possible avec un psychologue pour enfants pour faire un test (le WISC V) qui permet d’évaluer les forces et faiblesses de l’enfant. C’est aussi celui qui permettra de déterminer si un enfant semble être précoce. 

 

Et non, l’enfant n’est pas « débile », « fou », il ne lui « manque pas une case », autant que choses que j’ai pu entendre.

Son trouble nécessite un suivi et je pense vraiment qu’il faut changer la vision qu’on a du psychologue, qui aujourd’hui encore apparait comme très négatif. Celui-ci est avant tout un thérapeute formé sur les sciences neurologiques qui va être là pour écouter (sans jugemement) analyser et conseiller, aiguiller…

Il demeure une certaine « honte » à consulter ce genre de spécialistes qui peuvent parfois apporter une grande aide avec juste de l’écoute et quelques questions bien réfléchies…

Chez Lilian on a distingué un trouble déficit de l’attention causé par une peur de l’échec. C’est simple, l’échec le tétanise. S’il sent qu’il peut se retrouver en échec il trouve toutes les excuses pour ne pas faire l’activité proposé. Ça se répercute sur ses apprentissages scolaires, sur le sport, sur le quotidien… sur tout en fait. Ce trouble est accompagné d’une hypersensibilité (celle-ci à l’inverse du TDA, je l’avais repéré depuis tout petit, avec le recul, je me dis que c’était déjà flagrant quand il était dans mon ventre, il réagissait violemment à mes émotions si bien que je suis devenue hyper zen, bien loin de mon caractère habituel)

 

Au cours de l’année, nous l’avons fait suivre chez une psychologue et nous avons affiné le diagnostique. TDA oui, mais avec hyperactivité (légère) et (grosse) impulsivité. A ne pas négliger lors de ces rendez-vous, les rdv de soutien parental. Dans un premier temps, ils vont permettre de savoir comment ça se passe à la maison et ce qu’on peut améliorer au quotidien pour aider l’enfant dans son trouble. Et puis, personnellement ça m’a permis de me rendre compte que je m’en demandais trop et que j’étais au bord du burn-out maternel en janvier dernier. Ces rendez-vous vont aussi permettre à la psychologue de vraiment expliquer ce que c’est que le TDA/H dans la variante que peut avoir votre enfant, de discuter des outils qu’il/elle met en place avec lui lors des séances individuelles afin d’assurer une continuité à la maison et si possible à l’école.

 

A l’école d’ailleurs comment ça se passe ? Pour moi tout dépend de l’enseignant que vous allez avoir en face. C’est difficile de mettre son enfant dans une case et de le présenter comme « ayant un problème » MAIS j’estime que si on ne veut pas que les enseignants soient totalement démunis face à certains comportements c’est aussi nécessaire. Lorsque l’enseignant de Lilian est venu me voir fin septembre l’année dernière, il était totalement dépité et ne savait pas du tout comment faire avec Lilian du fait de son hypersensibilité associé à l’impulsivité qui lui font avoir un comportement qui est parfois intolérable en société. (Actuellement, c’est encore le gros point noir d’ailleurs). C’est donc en priorité que nous avons travaillé sur la gestion des émotions avec la psychologue, pour qu’il puisse et ose mettre un nom sur ce qu’il ressentait et se comprendre lui-même.

Le fait de « savoir » a permis à l’enseignant de Lilian de s’adapter (quand bien même les comportements intolérables étaient sanctionnés évidemment) et je pense que cette intelligence lui a permis de passer une année de CP bien meilleure que je n’aurais pensé qu’elle allait l’être au mois d’octobre.

J’ai aussi prévenu ses moniteurs lors des activités sportives et je préviens aussi toujours lorsqu’on doit le faire garder.

Je pense que je vais m’arrêter là pour aujourd’hui et dans un prochain article, vous décrire un peu plus les comportements problématiques et les solutions que nous avons essayé d’y apporter (avec plus ou moins de succès). Je vous reparlerais aussi de l’hypersensibilité mais dans un autre article car c’est un gros morceau !

PS : pardon pour le titre racoleur mais cette phrase m’avait tellement choquée…

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