Parenthèse : (grand) article un peu différent de mes articles habituels aujourd’hui mais j’avais envie d’aborder ce sujet des contes de fées, des comptines que je vois beaucoup revenir dans les discussions parentales. Du coup, j’avais envie de vous livrer un peu mon point de vue sur le sujet (encore une fois et comme d’habitude je ne me place pas en spécialiste !

On ne se rend pas vraiment compte avant d’être parents de la « violence » de certaines choses auxquelles on est habitués. On y est d’autant plus sensible, je pense que l’on parle aujourd’hui de plus en plus en VEO, de parentalité bienveillante…

Le sujet du jour : Les contes et comptines que l’on nous a racontées depuis tous petits !

C’est simple, si vous ne vous en êtes pas rendus compte jusque-là, c’est parce que ça faisait partie du paysage normal avec les « Ken, Survivant de l’Enfer », « Chevaliers du Zodiaques » et autres dessins animés du Club Do avec lesquels on a grandit jusqu’à ce que la vision d’une goutte de sang soit bannie des dessins animés pour enfants. (En a résulté une génération de trucs aseptisés au possible, perso, je n’ai jamais compris la génération Pokemon, Yugi-ho et compagnie).

Donc soit vous avez grandit avec et c’est tout à fait normal et tout d’un coup, vous commencez à chanter une comptine à votre enfant et… vous changez discrètement un mot, effacez une phrase parce que OMG, mais c’est pas possible de dire ça à des enfants !

Je vous avouerais que j’avais pris conscience de la « violence » contenue dans les contes il y a quelques années pendant mes études puisque nous avions étudié la « psychanalyse du conte de fée » de Bruno Bettelheim donc même si en ré-écoutant certaines comptines avec les oreilles de maman, j’ai tiqué, je n’ai pas non plus été surprise.

Du coup, Lilian a écouté très peu de comptines classiques petit, j’ai préféré des chansons douces de mon répertoire habituel, ou encore des nouvelles comptines (on en trouve un beau panel sur youtube).

Exemple de comptine bateau que tout le monde connait : Mon Petit Navire

(et je vous fais même un jeu de mot)

Bref, tout le monde connait surtout le début, et pour cause, la suite de la comptine parle de cannibalisme puisque le navire venant à manquer de vivre, les marins tirent à la courte paille pour savoir lequel d’entre eux sera mangé. Sympa hein ?

Mais pourquoi donc ?

Pour en arriver à la morale de l’histoire pardi ! (eh oui, rappelez-vous les Fables de la Fontaine qui conclue toujours par une morale, c’est pareil dans tous les contes et comptines classiques sauf que c’est moins clairement indiqué). Sur notre petit Navire : le mousse fait une prière à la Sainte Vierge et le pont est submergé de poissons, si bien qu’il ne se fait pas manger. Morale : si tu es un bon croyant, il ne t’arrivera point de mal.

A noté que la plupart des Contes de fées traitent en fait du complexe d’Œdipe (Peau d’âne, La Belle et la Bête), de sexualité (le Petit Chaperon Rouge)… Blanche-neige est sans doute le « pire » de tous avec un panel de cannibalisme, mauvaise (belle)mère, narcissisme, sexualité…

Bref pour en revenir au pourquoi, les contes étaient à l’origine là pour expliquer (et de façon bien plus crue que ce qui nous est parvenu aujourd’hui) aux enfants les interdits et les valeurs de la vie.

Mais qui cela choque-t-il ?

Nous parents en fait ! Lilian a déjà écouté plusieurs fois Mon Petit Navire en entier et il n’a jamais été choqué d’entendre que les marins allaient peut-être manger le jeune mousse. S’il n’a sans doute pas saison l’allusion à la prière (je suis athée alors j’avoue que jusqu’ici n’en ayant pas eu la nécessité absolue, j’ai esquivé l’explication des religions à mon fils). Il comprend bien que les marins font quelque chose de mal en voulant manger le mousse mais l’histoire se termine bien et ça lui suffit.

Il en va de même pour tous ces contes et comptines en fait. Ils vont venir mettre en lumière la rivalité fraternelle, l’inceste, la sexualité, l’abandon, la séparation et tout un tas d’autres émotions/situations du quotidien avec, toujours cette fin heureuse (enfin, allez dire ça au loup du petit chaperon rouge, mais tout le monde s’en fou, c’est le méchant, il n’a que ce qu’il méritait) qui va venir rassurer l’enfant.

Mais alors je les lis à mon enfant ces contes, je les chante ces comptines ?

Eh bien… oui en fait. La clef par contre c’est de discuter des points qui le chiffonnent, s’il y en a ou vous interpellent vous, adultes mais sans dramatiser la chose (et vous verrez que souvent, les enfants ne sont pas du tout gênés par ce qui nous a fait tiquer).

Rien ne vous empêche cependant, si l’un de ces contes vous traumatise particulièrement de le laisser de côté. Un proche a offert à Lilian une histoire illustrée de Pinocchio vers ses 3 ou 4 ans. Arrivée au milieu du livre, j’ai sursauté en lisant et en voyant (puisque c’est illustré) Pinocchio pendu à un arbre par les bandits. Je ne me souviens pas du tout de cette partie de l’histoire quand j’étais gamine et je vous avoue que ce livre a atterrit sur l’étagère la plus haute de la chambre et qu’il n’en descend pas quand je fais des roulements de livres pour qu’il puisse les atteindre).

Il est possible aussi de bien choisir vos contes, les maisons d’éditions proposent aujourd’hui des versions bien plus soft des contes traditionnels. Dans le petit chaperon rouge chez Milan, le loup ne mange pas la grand-mère, elle est simplement enfermée dans le placard.

Si votre enfant est vraiment choqué par une histoire, il vous en parlera sans doute, on élimine le livre de ses lectures, on en parle et on passe à autre chose, mais très franchement, c’est assez peu probable, nous y sommes finalement beaucoup plus sensibles nous autres adultes car nous faisons attention au moindre détail qui pourrait faire peur à nos petites têtes blondes.

Mon conseil :

Quand vous achetez un livre, feuilletez-le toujours avant, lisez le avant de l’entamer avec vos enfants, ça vous évitera les mauvaises surprises.

Concernant les films d’animations, j’essaie de toujours les visionner avant quand je ne suis pas sûre. Je ne parle pas des grandes sorties cinéma, là bien sûr c’est impossible et globalement c’est très grand public en général. Je suis par exemple, très fan des films des Studio Ghibli mais il faut bien avouer que certains ne sont peut-être pas tout public. Lilian a commencé avec Totoro (qui après 200 visionnages a commencé à nous faire douter de la responsabilité des parents japonais, non mais le père, sa gamine disparait toute la journée quand elle rencontre Totoro, il ne s’en rend pas compte), puis il a accidentellement visionné le Château dans le ciel. Il l’a lancé en pensant que c’était Totoro puisqu’il y a la même image au début de tous les Ghibli. Finalement, je l’ai laissé le regarder, en restant à côté de lui et si je craignais un peu, lui ça lui est passé au-dessus de la tête et il l’a regardé en boucle pendant un moment 😉.

Quand Lilian veut regarder un nouveau dessin animé, il sait qu’il doit me demander la permission (j’ai mis un veto sur les trucs du genre Lapins crétins, Zig et Sharko par exemple mais parce que je les trouve juste débilitants et sans intérêt) et on visionne le premier épisode ensemble. Je valide, ou pas. (j’avoue parfois, pour les deux cités plus tôt, ça dépend grandement de la débilité du truc… faut pas déconner non plus). Bon et là on a dévié du sujet principal, cela dit ça vous dit qu’on parle écrans et enfants à l’occasion ?

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