Il y a quelques mois, je me suis lancée dans la lecture d’un livre sur la charge mentale, « Exit la charge mentale! » aborde le sujet de la-dite charge mentale de façon très intéressante à mon sens, puisqu’à aucun moment l’auteure ne cherche à culpabiliser l’une ou l’autre des parties concernées. Parce que avouons-le, en démarrant la lecture de ce genre de livre, on s’attends un peu à ce que l’auteur s’acharne sur nos chères moitiées. Je n’ai pas débuté la lecture de ce livre par hasard mais bien parce que chez nous, ces derniers temps, les tâches de la maison me semblent bien mal équilibrées.

En cause : la vie.

Je vous dresse le tableau et le contexte. Il y a un peu plus de trois ans, alors que Lilian rentrait en petite section, l’homme changeait de poste. S’il restait basé à Toulouse, il devait manager tout un pôle Sud Ouest, ce qui l’amenait à être absent environ 3 soirs par semaines, parfois plus, (et parfois moins, mais c’était plus rare).

Etant donné que monsieur était absent, j’ai pris sur moi de gérer tout le quotidien (il faut bien que ça soit fait n’est ce pas) et « j’ai fais ma vie » comme je dis souvent. J’ai organisé mon quotidien autour de mon boulot, des tâches « qui doivent bien être faites » et surtout de Lilian. En petite section, jusque janvier, j’allais le récupérer tous les midis. Mes journées étaient très courtes, mais je ne voyais pas l’intérêt de le laisser à la cantine et faire la sieste à l’école, il pouvait aussi bien (et même mieux) dormir à la maison. Seulement voilà, ça ne me laissait pas suffisamment de temps pour mon activité. Je me suis donc résolue en janvier à le mettre en journées complètes à l’école, jusqu’à 16h. Mes journées se sont un peu allongées et comme l’homme n’étaient pas là pas mal de soirs dans la semaine, je compensais des journées courtes en bossant le soir, une fois Lilian au lit.

Comme j’avais envie de profiter des week-end en famille, j’ai aussi pas mal pris sur moi de gérer au plus possible la maison (lessives, repassages, courses…) la semaine. Même s’il nous arrivait régulièrement de prendre le temps de refaire un grand ménage dans le week-end, déjà ne pas perdre du temps avec les courses le samedi on gagne du temps.

Et puis mon activité a commencé à bien se développer, et la mission du chéri devant bientôt se terminer, nous avons décidé que nous pouvions mettre en route baby n°2. Seulement voilà, moi vers le mois d’octobre dernier, j’ai commencé à stresser.

A stresser parce que je ne voulais pas faire une pause trop longue dans mon activité et perdre tout le bénéfice d’une formation en marketing digital qui a donné de beaux résultats en début d’année dernière, et de nouvelles collaborations sur le long terme qu’on me proposait.

A stresser parce que je ne voyais pas comment j’allais gérer quasi-seule (la mission de l’homme s’étirait en longueur, on ne le voyait toujours pas revenir sur Toulouse à temps plein…) les deux enfants, le quotidien et mon activité. Ajoutez à celà que là où j’en suis dans mon activité, mon congé parental est de 0€, les choses se compliquent un peu de mon côté.

Je me suis stressée de stresser, mais en prenant sur moi, comme une idiote, dans mon coin. Jusqu’à ce que je craque un peu. Quand j’ai lu « Exit la charge mentale! », j’en étais à ce stade. Perdue et stressée. Ca m’a ouvert les yeux sur une chose essentielle : mon homme avait perdu sa place d’homme de la maison. Sans le vouloir, je la lui ai petit à petit volée. Et comme il ne pouvait pas le gérer en étant pas là, il a laissé faire.

Sauf que.

Sauf que maintenant, tel est pris qui croyait prendre. Moi je suis fatiguée et lasse, et j’aimerais que l’équilibre revienne (je précise que l’homme bosse de nouveau sur Toulouse, depuis début juin (quand je vous disais que ça s’étirait en longueur)).

Aujourd’hui, il faut que j’arrive à lâcher prise. Je vous explique, mes journées, avec Gabriel sont relativement aléatoires, mais, malgré tout, j’ai ma petite organisation (en semaine). Heures de lever, préparation des repas (si possible en avance pour la semaine), heure de bain/coucher des enfants. Si un petit grain vient se loger dans le rouage, je m’énerve, je pars en live.

Cet article (qui part un peu dans tous les sens, je ne sais pas si vous arriverez à me suivre) a été motivé par ce petit exemple de mardi soir. Mardi soir, l’homme n’était pas là, il faisait chaud, j’avais mal au crâne, la chaleur aidant, Gabriel a un mal fou à s’endormir depuis quelques soirs… Le petit s’était donc endormi. Il était 19h36 (oui c’est précis hein?), j’étais en train de prendre une pause en manger devant une série quand Lilian est descendu de sa chambre. Il avait déjà pris sa douche. « J’ai envie d’aller dans la piscine maman » qu’il me dit. Je regarde l’heure (19h36 donc), je réfléchis, je me dis que ça ne va pas aller, qu’il est déjà bientôt l’heure de le coucher, que j’ai du boulot à aller gérer après, que ça va encore partir en live du genre je ne veux plus sortir de la piscine. Et puis finalement, je cède. Je fini de manger, je me rince les cheveux (j’avais mis un masque à poser) et je viens de chercher. Il a interdiction d’aller dans la piscine seul, même s’il se débrouille très bien.

Je fini tranquillement, je me rince les cheveux et je vais le chercher. Pour avancer, il avait déjà tout préparé pour la nuit. Il avait écrit la date et la météo du lendemain sur son tableau (ça fait un mois qu’il a commencé à faire ça et tient à le faire) et préparé ses vêtements pour l’école. Il a fait son petit tour dans la piscine et moins de 10 mn plus tard, est sorti, c’est séché et m’a dit qu’il allait au lit.

Lâcher prise. CQFD.

Alors oui, j’ai bien conscience que ça aurait pu bien plus « mal » se passer mais pour le coup, on va positiver. Lilian avait parfaitement compris la situation et on a profité tous les deux d’un instant de calme, de jeux et moi, j’ai baissé mon stress d’un niveau.

Le lâcher prise, dans cette histoire de charge mentale est essentielle. En prenant en charge comme un manager toute l’organisation de la maison, on a tendance à infantiliser nos hommes (on dit souvent qu’on a 2/3/4… enfants à la maison en englobant nos mecs non?). Ceux-ci vont certes proposer leur aide dans les charges ménagères, mais il va s’agir du fameux « fallait demander » qu’Emma Clit décrit si bien dans sa BD, ou encore de « qu’est ce que je peux faire pour t’aider? ». Ces deux petites phrases qui nous agacent tellement au grand désarrois de nos hommes qui, puisqu’ils ont proposé leur aide ne comprennent pas pourquoi ils se font rembarrer.

Pour clarifier ça, vous vous faites rembarrer parce qu’en général c’est quand nous frôlons la catastrophe/la crise de nerf que vous venez proposer votre aide. Nous sommes fatiguées, énervées, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase et vous en prenez pour votre grade. Alors que… si vous venez à la rescousse et prenez sur vous de faire au choix : manger le petit dernier (sans venir nous demander par pitié »je lui fais quoi à manger? »)/ranger la vaisselle qui menace de tomber de l’égouttoir/prendre le relais pour ce que vous voudrez, sans demander, vous pouvez être quasi sûr d’obtenir notre reconnaissance éternelle (ou presque). Toute la différence se situe dans la manière de faire. Nous avons l’habitude de faire « ce qui doit bien être fait » et nous n’allons pas demander cette aide dont nous avons pourtant tant besoin.

Habitude, fierté de se dire qu’on est wonder woman (oui mais à quel prix?), lassitude, se dire que ce sera mieux fait si on le fait… Autant de petits défauts de notre part au final. Nous avons la chance d’être à deux dans notre couple c’est pour s’épauler, se soutenir et savoir qu’on peut compter sur l’autre, qu’il y a une seconde paire de bras pour bercer bébé et consoler les cauchemars du grand. Mais pour ça, il faut d’abord réussir à lâcher l’affaire et se dire que tant pis si ce n’est pas fait comme on a l’habitude.

Et c’est une attitude qui est très très dure (pour moi en tout cas) à mettre en place mais les fois où je me fais violence, que je me tais et que je laisse faire, il n’y a pas mort d’homme.

Alors vous me direz, lâcher prise c’est bien gentil mais comment on fait ? « Exit la charge mentale! » vous donne pleins d’idées pour vous organiser. Monsieur travaille tôt le matin et rentre tard le soir ? Vous gérez la semaine, il gère les week-end (oui c’est pas super super équilibré mais c’est mieux que rien).

Vous vous demandez encore ce que c’est que la charge mentale ?

Si à la maison vous êtes le manager/le chef de projet qui gère l’organisation ET l’exécute tout en bossant (ou pas d’ailleurs). Vous faites des listes dans votre tête à tout moment de la journée sur les choses « de la maison » qu’il ne faut pas oublier, si bien que vous n’avez jamais vraiment la tête à 100% dans le boulot ? La première chose que vous pensez en vous levant le matin c’est « il faut que je descende le panier pour faire la lessive » (vécu)… Ne cherchez plus, vous êtes en plein dedans. C’est parfois difficile d’en discuter avec nos hommes. Je connais pleins de femmes autour de moi, avec qui je discute, avec qui on compare les dernières « anecdotes » concernant nos hommes, mais pensons nous à le leur dire à eux ? Pas toujours, et tout ça reste invisible et transparent pour eux.

xoxo, Jenn

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