Je ne sais pas vous, mais moi, petite j’ai beaucoup entendu : « ton frère à ton âge… », et ça a continué comme ça pendant des années. Mon frère étant plutôt du type enfant modèle (du moins, c’est ce qu’il semblait à mes yeux d’enfant en tout cas), ce n’était pas toujours facile. Et  très franchement, il y a certaines de ces comparaisons qui résonnent encore sous mon crâne d’adulte. On a toujours tendance à comparer, c’est humain, on regarde ce qu’il y a ailleurs, on se dit que c’est mieux ou qu’on préfère ce qu’on a…Ce n’est d’ailleurs pas toujours très sain pour nous. Avec les enfants, ce serait bien d’arrêter complètement, parce que d’une part, entre nous, c’est relou, d’autre part, pour la confiance en soi des petits, c’est abominable. Et la confiance en soi, si elle est déconstruite dès l’enfance par des remarques plus blessantes qu’on ne le veut parfois, est très difficile à reconstruire en tant qu’adulte (et je parle d’expérience, je suis une personne qui a très peu de confiance en elle).

La confiance en soi, ça commence dès tout petit avec les « Ne monte pas sur cet escalier, tu vas tomber ! » (je dis l’escalier mais ça peut être n’importe quoi, je côtoie un papa au parc de l’école que j’entends toujours dire à sa petite de 3 ans, « ne monte pas sur tel jeu, tu vas tomber », (sans compter les « je te l’avais bien dit ») parfois, j’ai envie de lui hurler de lui lâcher la grappe à sa gamine. Vous avez peur que votre enfant tombe ? C’est normal, vous êtes un parent responsable et vous vous inquiétez pour votre petit mais au lieu de lui dire qu’il ne va pas y arriver, détournez la chose : « Ce jeu est très haut, je préfère rester près de toi » (et on évite d’ajouter « au cas où tu tomberais ») Accompagnez, tenez lui la main s’il le faut, mais ne minez pas votre enfant qui va finir par penser « je n’arriverais jamais à faire ça ».

J’ai eu envie d’écrire cet article à cause d’une chose entendue à l’école un matin. Une maman expliquait que son enfant mettait très longtemps à se préparer et déjeuner le matin et que franchement, elle n’en pouvait plus (chose que je comprends, Lilian peut mettre 30 mn à manger une craquinette et boire sa tasse de chocolat chaud…), ce à quoi une autre maman a répondu « Et encore vous n’en n’avez qu’un! » (c’est une maman de deux enfants). Hop, petite comparaison entre parents, vous n’avez qu’un enfant, ne vous plaignez pas qu’il soit lent, moi j’en ai deux à gérer. Alors j’ai presque envie de répondre : « chacun ses problèmes » (pour rester polie). Une certaine bienveillance entre parents parfois, ça ferait du bien aussi. Je me rappelle en petite section, nous étions plusieurs mamans à emmener nos petits en poussette. Soit par solution de facilité, soit parce qu’on avait pas des marcheurs (perso au bout de 3 mètres, je me retrouvais à me battre avec Lilian qui ne voulait plus avancer parce que « mes jambes elles marchent plus maman »). Nous avons bien sûr eu droit aux réflexions d’une maman dont l’enfant venait déjà tous les matins en trotinette « ah mais c’est des bébés que vous avez? » Ce devant les enfants. Allez paf. A 3 ans doit on considérer nos enfants comme « des grands » parce qu’ils sont entrés à l’école ? Certains parlent tout juste, d’autres ont encore beaucoup de problèmes de propreté, prennent encore le biberon, la tototte… Pour moi, à 3 ans, mon enfant était encore un bébé oui, un grand bébé certes mais ce n’était pas une raison pour exiger de lui plus qu’il n’est nécessaire. On les brusque déjà suffisamment non ? Et cette maman a continué comme ça pendant longtemps, et que son enfant s’habillait tout seul le matin, lui, et qu’il savait déjà écrire son prénom, et qu’il faisait 4 sports différents et de l’anglais tous les lundis… Heho ! Stop ! Il a encore toute la vie devant lui !

Ca m’a toujours fait rire quand quelqu’un tentait le mode comparaison pour que Lilian fasse quelque chose. Machin s’habille tout seul ? « Oui mais moi je (le début de phrase favorite de Lilian) préfère que ce soit maman. » Et rien à fiche que tu me dises que Machin s’habille tout seul, moi j’ai pas envie, je le ferais pas et c’est tout. Je ne dis pas qu’à la maison, je n’essayais pas de lui apprendre à s’habiller tout seul (ce qu’il n’a pas fait avant ses 4 ans et demi voir 5 ans d’ailleurs) mais lui en faire la remarque toutes les semaines ça ne servait pas à grand chose. Dans tous les cas, employer la comparaison avec Lilian s’est s’exposer à un désintérêt total de sa part, voir à un argumentaire inverse. Comme la fois ou ma maman lui ai dit d’arrêter de « pleurer comme une fille » et ou il lui a répondu que tout le monde pouvait pleurer (#fiertedemaman).

Et puis bien sûr maintenant que j’ai un petit deuxième j’ai droit à « Lilian il s’est retourné à quel âge? », « Ah mais Lilian à son âge il le faisait déjà non? ». Et Gabriel n’a que 6 mois ! Oui, il a pris son temps pour se retourner et je ne dirais pas que ça m’inquiétais un peu, que je ne me suis pas demandé s’il n’y avait pas un soucis avec ses bras qu’il tenait constamment en arrière comme un surfeur quand on le posait sur le ventre, si bien qu’il n’arrivait pas à se retourner. Quand il a été prêt, il s’est mis à se retourner, du jour au lendemain et finalement maintenant il fait toute sa chambre en roulé-boulé. Alors bien sûr, maintenant qu’il a franchi cette étape c’est : »mais il ne s’assoit toujours pas? ». A noter que psychomotriciens et ostéopathes s’accordent pour dire qu’il ne faut pas asseoir bébé trop tôt, à cause des mauvaises postures qu’il peut prendre, étant donné qu’il ne maitrise pas cette position. Comme il ne la maitrise pas, il a tendance à se raidir (et à tomber), et il fini par se désintéresser de ce qu’il l’entoure car il est concentré pour essayer de ne pas tomber. Je résume, mais vous trouverez sur le net quantité d’articles très intéressants sur le sujet. En résumé, avant 9 mois, ne forcez pas bébé à s’asseoir. Si dans votre entourage, il y a d’autres bébés et parents qui vous disent que bébé se tient assis, vous pouvez avec bienveillance répondre que votre bébé a tout son temps pour s’asseoir et qu’en attendant il découvre son corps à son rythme. Ici à 6 mois et demi, Gabriel ne s’asseoit pas, on ne l’y force pas, il m’arrive de le poser une minute à côté de son grand frère, mais on voit bien qu’il n’est pas à l’aise dans la position et il se contorsionne rapidement pour se retrouver allongé. En revanche quand il est sur mes genoux et que je le vois tenter de se pencher en avant, je ne l’empêche pas non plus d’essayer. Nous avons commencé la diversification mais pour l’instant pas de chaise haute, je le pose dans son transat dans une position semi-allongée bien suffisante pour lui.

Chaque bébé, chaque enfant, chaque être humain a un fonctionnement propre, chacun avance et comprend les choses à un rythme et d’une façon différente, ce serait pas mal de respecter ça et de se regarder les uns les autres avec un peu plus de bienveillance !

xoxo, Jenn

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