Nous avons souvent tendance à surprotéger nos enfants, à les couper pour les empêcher de continuer une phrase qui commence par « mais moi je veux… », à les empêcher d’être autonomes alors qu’on aimerait qu’ils sachent tout faire par eux-même rapidement pour pouvoir se libérer deux minutes, à refuser le non, à leur dire « ne fait pas ça tu vas tomber »… A les empêcher de vivre finalement. Je ne dis pas de leur laisser faire n’importe quoi bien sûr. La liberté d’un enfant devrait s’arrêter au seul moment où il se met en danger. Comme la plupart des mamans, j’ai tendance à faire tout ça, à dire à mon fils, le fameux « fait pas ci, fait pas ça », à l’empêcher d’avancer ou d’exprimer certaines choses, surtout dans les moments un peu difficile ou l’énervement monte.

Combien de fois lui ai-je coupé la parole parce que je lui avais interdit quelque chose et qu’il commençait à me dire « mais maman, moi je… ». Généralement, dans cette situation, il se met à pleurer, frustré qu’on l’empêche de parler et on est partis pour un round. Alors que, lorsque je le laisse parler, sa réaction est parfois censée et va dans mon sens. Pour exemple, nous lui avons pas mal limité l’accès aux écrans parce que sinon, monsieur peut y passer des heures. Comme on a pas forcément envie qu’il passe trois heures devant la télé le mercredi après-midi par exemple, je lui ai limité son visionnage à trois dessins animés. Et comme il sait compter maintenant, je lui fais confiance sur le sujet. Je lui met la télé sur le bouquet que j’ai créé pour lui, ou je suis sûre qu’il ne trouvera que des dessins animés ou émissions adaptées à son âge (de toute façon, dès qu’il voit un « film de grand » il zappe ou éteint) et je vaque à mes occupations. En général, il regarde ses trois dessins animés puis éteint et vient me voir. Bien sûr, parfois quand on lui dit trois dessins animés, ça amène lieux à des négociations. S’il veut regarder un film par exemple. Comme c’est beaucoup plus long qu’un simple dessin animé, il n’a normalement pas le droit de le regarder s’il a déjà regardé son quotat de dessins animés. Exception pour le vendredi soir ou on regarde parfois un film en famille. Mais là encore, il connaît la règle. Pourtant, même s’il sait que s’il a regardé des dessins animés, et qu’il n’a plus le droit à la télé parfois il vient me voir pour me demander autre chose. La phrase commençant par « J’ai regardé tous mes dessins animés maman, mais… » et là, on pourrait avoir tendance à couper l’enfant en lui disant « mais rien du tout, tu as regardé tes dessins animés, c’est fini, tu éteint ». Et là, pouf, crise de larmes. Enervement des deux côtés. Pourtant si je laisse Ticali continuer, il va généralement me dire « mais je t’ai mis de la musique pour te faire plaisir ». Womp womp womp womp (oui ça manque de jingle sur un blog). Résultat, si je l’avais écouté jusqu’au bout, j’aurais su qu’il ne voulait pas abuser ou m’arnaquer mais me faire plaisir.  Bref : les écouter jusqu’au bout, ils pourraient vous surprendre !

Les « ne saute pas de là tu vas tomber » ont tendance à miner la confiance d’un enfant. On ne s’en rends pas compte mais à nous assener qu’il ne faut pas faire certaines choses l’empêche d’apprendre. Bien sûr, on ne va pas les laisser se mettre en danger, mais plutôt que de l’empêcher de sauter du muret au parc de jeu, pourquoi ne pas rester à côté de lui, lui donner la main pendant qu’il essaie, s’il accepte de l’aide ? Les enfants aiment faire les choses seuls (à part dans les petites phases de régression), savoir faire, apprendre à faire, se sentir grands et nous sentir fiers d’eux. Mon fils, quand il réussi à faire quelque chose qu’il n’a jamais fait me demande souvent « tu es fière de moi maman? ». Depuis qu’il est capable de porter quelque chose, Ticali à son propre placard dans la cuisine, on y a rangé toute sa vaisselle, ses bavoirs, si bien qu’il peut aller se chercher un bol, une assiette, un verre s’il en a besoin. Quand je cuisine, je lui demande souvent de m’amener une assiette ou un bol. Depuis un mois, j’ai d’ailleurs enlevé toute sa vaisselle en plastique de bébé. Comme il souhaitait qu’on achète la vaisselle Dory proposée à notre simply, nous avons pris les petites assiettes, les verres (en verre donc) qu’il a pu fièrement montrer à toutes les personnes qui sont venues chez nous par la suite. Et la casse me direz-vous ? Ca ne vous arrive jamais de casser un verre ? Une assiette ? Moi si, pas plus tard qu’il y a trois jours j’ai réussi à casser deux verres dans la même journée. Ca ne m’arrive certes pas souvent parce que je fais attention, mais une maladresse est vite arrivée, même à un adulte. Depuis un mois, mon fils a cassé un de ses verres. Il a réussi à se briser en se renversant sur la table, simplement, pas d’explosion par terre, un geste d’inattention et paf, c’était cassé. Il était suffisamment triste d’avoir perdu son verre pour qu’on ne le gronde pas en plus. Il a compris qu’il fallait faire plus attention et c’est ce qu’il fera (sans doute) on apprend de ses erreurs. Quand un adulte casse un verre on ne va pas lui dire « tu as vu ta où ta bêtise t’a mené!! » (et pourtant j’ai pu en voir des conneries faites en soirée qui ont mené à de la vaisselle cassée, à laquelle je tenais beaucoup en plus, certains de mes invités ont maintenant droit à des verrines en plastique d’ailleurs). Comme l’enfant, l’adulte va généralement être assez mal à l’aise d’avoir cassé quelque chose. Le mieux étant, dans ce cas, de simplement lui demander de réparer l’erreur. Nous avons jugé que Ticali risquait de se faire mal en ramassant du verre, nous lui avons donc épargné cette tâche, mais rien ne l’a empêché d’aller chercher la balayette et un chiffon pour le liquide renversé. D’ailleurs, on l’a tant et si bien habitué à nettoyer quand il renverse quelque chose qu’il va généralement de lui même chercher de quoi éponger quand il renverse quelque chose.

Globalement, ce serait bien que nous apprenions à laisser à nos enfants la liberté d’apprendre par eux-même sans trop les brider, sans trop les surprotéger, sans, bien sûr, les mettre en danger non plus, mais à trouver cet équilibre où tout le monde pourra se sentir libre et compris. Et vous, plutôt parent-poule ?

xoxo, Jenn

GloEnregistrer

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