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La première fois que j’ai entendu parler de parentalité positive, je me suis dis que c’était encore du charabia de psy, un « truc » pour nous empêcher de tourner en rond, du coup, je m’y suis intéressée environ 10mn avant de passer mon chemin. Pourtant, ce que je voyais aurait pu me sembler attirant, mais je me suis dit qu’on était très bien tels qu’on était, dans notre petit système et puis basta. Et puis, depuis le début d’année, les choses ne m’ont plus semblées si bien. J’ai fini par me livrer et vous en parler ici. La façon dont les choses se passent au quotidien, l’impression d’être tout le temps dans l’opposition, à crier, à finir par s’énerver, hurler, les crises de larmes et de colère du petit…

Tout ça m’a fait subir un énorme stress en début d’année et je n’ai pas peur de dire que je pense être passée pas loin du burn-out maternel (je me livre d’ailleurs à ce sujet dans un article préparé pour le blog de Sweet Time, je vous dirais quand il paraîtra) Mon stress et ma fatigue ce sont bien sûr ressentis sur Lilian, les enfants étant des éponges et le cercle vicieux était enclenché. Ces derniers mois, j’ai donc pas mal lu, tout d’abord, un peu par hasard avec « Vivre heureux avec son enfant » de Catherine Gueguen.  Pour moi ça a été un grand déclic. Non la parentalité bienveillante/positive n’était pas que du charabia de psy, mais un mode de parentalité différent, étayé par les neurosciences, notamment, avec de nombreuses recherches sur le cerveau de l’enfant et les neurones miroir. J’y ai aussi découvert les termes de « non-violence éducative » et de « communication non-violente/bienveillante ». Suite à cela, j’ai enchaîné les lectures dans un besoin de mieux comprendre. Mieux comprendre, mon enfant, mais aussi moi-même, parce que disons-le, je ne suis pas une grande communicante. Ah ça, je papote, je peux même papoter sans fin quand on me connaît bien, par contre, communiquer réellement, exprimer un mal-être ou un bien-être, ça, c’est très compliqué. Du coup, comprendre l’être humain et analyser ce qui ne va pas chez les autres, ce n’est pas non plus mon fort. Je suis douée pour écouter, je peux avoir une oreille attentive, mais ne comptez pas sur moi pour trouver les mots pour vous aider, je suis généralement d’un soutient silencieux… J’ai naturellement continué mes lectures avec « La communication non-violente au quotidien » et « élever son enfant avec bienveillance » de Marshall Rosenberg, le meneur de file de la bienveillance. Je me suis ensuite dirigée vers Isabelle Filliozat, la spécialiste française de ce type d’éducation, avec « au coeur des émotions de l’enfant« , et « la discipline positive » de Jane Nelsen.

J’ai également redécouvert le blog de Camille et Olivier, que j’avais découvert lors de mes toutes premières recherches sur la parentalité positive, il y a 2/3 ans, et celui de Charlotte. Ce sont sans doute ces dernières lectures qui ont achevé de me convaincre, tout simplement parce que je me suis alors dis que c’était possible. Ce n’était plus des concepts abstraits proposés par des psys ou des coachs en parentalité, dont je me sens plutôt éloignée, mais des parents qui avaient réussi à faire une transition, à changer pour un quotidien que je m’imagine plus léger, plus cool, plus heureux.

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Mais en quelques mots, la parentalité positive c’est quoi ?

A chaque fois que j’en ai parlé jusqu’ici, j’ai eu un peu de mal à trouver les mots exacts mais je crois que je ne vais déjà que vous citer les choses principales que j’ai retenues :

  • Supprimer le rapport de force. Une moitié d’entre vous se diront sans doute qu’il n’y a pas de rapport de forces entre un parent et un enfant, c’est un doux mensonge au final, il y a forcément un rapport de forces puisque nous imposons quasiment tout à nos enfants. Là, vous êtes en train de vous dire, mais qu’est ce qu’elle nous raconte encore ? On va faire quoi, laisser les enfants choisir et faire ce qu’ils veulent ? Non, non, rassurez vous, nous ne sommes pas en train de passer d’une éducation autoritaire (la norme aujourd’hui en France) à une éducation laxiste. Le mot clé, c’est de coopérer. De proposer des choix (limités), guidés par l’adulte certes, mais acceptées en communauté par le ou les enfants. Et non plus d’imposer à nos enfants de faire les choses par crainte (de décevoir, de prendre une tape ou une fessée, d’une punition…)
  • Revoir sa façon de voir les choses et son attitude. Critiquer, corriger, s’énerver, se mettre à crier… c’est dans nos quotidiens. Le stress et la fatigue n’aident pas à agir autrement mais au final, on se retrouve pris dans un vilain engrenage. Et si, quand notre enfant renverse son verre, nous faisions la part des choses ? Dans la plupart des cas, il n’a pas fait exprès. Au lieu de se mettre à hurler qu’on « en a marre, et qui c’est qui m’a foutu un gosse si maladroit… », on se posait 5sec une question. Vous déjeunez avec une amie, elle renverse son verre. Vous lui hurlez dessus ? Non, dans la plupart des cas, tout le monde rigole de cette maladresse. Certes, les enfants sont plus maladroits, ils ne contrôlent pas forcément bien leurs mouvements, font plusieurs choses à la fois. Mais en lui criant dessus, que lui a-t-on appris ? Rien du tout en fait. Si ce n’est qu’il a maintenant une peur bleue, plus envie de continuer à manger et qu’il est très triste. (et nous en colère). Une bonne respiration, un sourire et une voix douce pour expliquer que maintenant qu’on a renversé le verre, il ne reste plus qu’à nettoyer aidera d’avantage. Demandez d’ailleurs à votre enfant de le faire lui-même, il sera bien souvent ravi de le faire. Et si, quand notre enfant se met à faire une crise « pour rien » au milieu du magasin, nous essayons de réfléchir deux minutes et de comprendre ? Le magasin le soumet à beaucoup de stress, les panneaux de pub, les bonbons, les gens, la chaleur, le froid, tout cela fait énormément d’information. Au bout d’un moment votre enfant « pête un plomb », il ne sait plus ou donner de la tête, donc, il se met à hurler et à se rouler par terre parce que vous refusez de lui acheter ses bonbons préférés. C’est, pour les petits (moins de 7 ans), le cerveau archaïque qui a pris le relais, l’enfant a perdu toute capacité de raisonnement. Il ne sert donc à rien de le frapper, de lui crier dessus ou même d’essayer de le raisonner, il faut, déjà tenter de le calmer et pourquoi pas de détourner son attention….
  • Se comporter comme on voudrait que nos enfants se comportent. Vous avez envie que votre enfant tape du poing sur la table quand ça ne va pas ? Qu’il crie ? Qu’il dise des grossièretés ? Vous avez envie qu’il soit poli et dise bonjour, merci et s’il te plait ? Commencez par faire ou ne pas faire ce que vous voudriez voir chez votre enfant. J’ai toujours entendu dire que les enfants sont des « éponges », on ne croyait pas si bien dire puisque, nous le savons, ils apprennent par mimétisme, question de neurones miroirs. Les enfants reproduisent ce qu’ils voient chez leur parent. S’ils vous voient rester calme et continuer à essayer quand vous n’arrivez pas à faire quelque chose, il est fort probable qu’il apprenne la patience, si au contraire vous vous mettez à tempêter et faire voler les objets (comme moi, j’avoue), votre enfant reproduira ce comportement. Je l’observe facilement chez mon fils qui envoie tout valdinguer quand il n’arrive pas à faire ce qu’il veut. En revanche, je sais qu’il dit généralement bonjour/au’revoir, parce qu’il nous a toujours vu le faire (bon il y a des jours sans, mais vous aussi parfois vous n’avez pas envie non ? la différence ? Vous maitrisez (normalement) votre cerveau archaïques et les règles de bienséance de base.
  • Prendre soin de soi pour être disponible. Je le dis depuis le tout début, dès que j’ai commencé à vous parler bébé sur ce blog, on est plus disponible pour nos enfants, plus patients, plus enclins à les écouter et à passer du temps de qualité avec eux quand on est soit même reposé et heureux. Ce n’est pas toujours facile à mettre en application, mais il suffit parfois d’une simple demi-heure de tranquillité pour se ressourcer. Dans la plupart des cas, on est deux à élever nos enfants, on a éventuellement des parents, des amis qui peuvent prendre le relais pour ne serait-ce qu’une demi-heure, c’est nécessaire pour y voir plus clair.
  • Ne pas abandonner au bout de deux jours… Je suis la spécialiste des grands projets abandonnés. J’ai une forte tendance à m’énerver en 30 secondes pour redescendre en autant de temps et me sentir atrocement coupable si j’ai blessé quelqu’un dans mon entourage. Ce n’est clairement pas dans mon caractère, dans ma façon d’être de souffler, de poser, de me calmer et de réfléchir à comment améliorer la situation sur le moment, à chaud. Toutefois, quand on aborde la parentalité bienveillante, c’est une énorme remise en question, tout d’abord envers soi-même. Il faut posément réfléchir à ce dont on a envie, et se dire que c’est le projet d’une vie. Il faut savoir se remettre en question et réfléchir sur ses « blessures d’enfance », ouvrir les yeux et réaliser que, peut-être, il y a une façon différente de faire les choses. On nous dit souvent que les enfants d’aujourd’hui ne sont plus les mêmes qu’autrefois, qu’ils sont plus durs. Pour autant, nous n’avons pas tellement changé notre façon de les éduquer. Si tout évolue, pourquoi pas ça ? Moi, j’ai bien envie d’essayer, et j’ai envie de partager avec vous mes expériences sur le sujet, qui sait, peut être que vous aurez envie de me suivre ?

xoxo, Jenn

PS: si vous avez envie d’en savoir plus sur le sujet sans acheter plein de bouquins dans un premier temps je ne peux que vous conseiller d’aller jeter un coup d’oeil sur les blogs sus-cités, ils vous donneront déjà un bel aperçu de la parentalité bienveillante, mais je ne peux que vous conseiller de vous lancer dans les lectures de mesdames Gueguen, Filliozat et Nelsen, ils abordent le côté scientifique de la chose et on y apprend énormément de choses, d’ailleurs pas seulement sur la parentalité en soi, mais sur soi-même et peut être même sur certaines choses dans le couple.De mon côté, je reviens rapidement vous parler des premières choses mises en place et de mes difficultés et réussites.

 

PPS: je n’avais pas publié ici depuis deux mois. J’avais perdu le souffle, et je vous avoue que le stress dont je vous parle en début d’article m’avait coupé l’envie de faire quelque chose pour moi en dehors du boulot.

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