On sort un peu du sujet principal du blog pour aborder un sujet grave, (oui parce qu’en général, le ton est plutôt léger par ici) dont on entend de plus en plus parler aujourd’hui, que ce soit par de parfaites inconnues, des copines blogueuses qui racontent leurs anecdotes, entre copines tout simplement… C’est un sujet qui me tient à coeur et qui m’énerve de plus en plus, j’avais un peu besoin de vider mon sac… 

Le Harcèlement de rue, ce n’est pas nouveau, aujourd’hui on a juste mis un nom dessus. D’aussi loin que je me souvienne, depuis mon adolescence, alors que je me baladais encore avec mes parents (parfois mon père à côté de moi) j’ai subis ce harcèlement de rue.

J’ai toujours en tête mon père, qui menaçait de casser la figure au mec qui venait de m’aborder, au risque lui-même de se faire casser la figure (mon père est très apte à se défendre mais on ne sait pas si la personne en face n’est pas armée, ou en groupe…). 

Je me souviens de cette fois, alors que j’étais avec ma mère, je devais avoir 14 ou 15 ans à peine, de cet homme, qui nous a demandé l’heure, puis comme on continuait à marcher, m’a attrapée par le bras pour nous proposer un verre. Je me souviens de la panique de l’ado que j’étais, d’avoir moi-même agrippé ma mère… (depuis je ne m’arrête JAMAIS quand on me demande l’heure dans la rue)

Je me souviens des innombrables fois où je me suis faite abordée, siffler, suivre (j’ai deux ou trois anecdotes qui m’ont glacé les sangs sur ce sujet-là), alors même parfois qu’on est en plein hiver et qu’on se sent comme un bibendum dans son manteau, sous un bonnet, encombrée d’une écharpe (non là vraiment…)

Et je ne comprends pas, quelle éducation on pu avoir ces hommes, qui se croient autorisés à aborder une femme (que ce soit « gentiment » ou de façon agressive). Imaginez messieurs, même les plus « charmants » que tous les 500 mètres une femme vous aborde pour vous dire « charmant », « t’es canon », « j’ai envie de toi », « salaud » (oui parce qu’il y a aussi des insultes dans le lot)… Vous pensez toujours que votre technique de drague est au point là ?

Si encore ça relevait de la drague, j’ai parfois l’impression que c’est plus un automatisme, on voit une fille, hop, on balance un truc. 

Elle dit merci, on la suit, en y voyant une ouverture.

Elle ne dit pas merci, on la suit pour l’insulter.

Mais sérieusement WTF?? On a soit le choix de se faire emmerder, soit celui de se faire insulter. Fabuleux.

Je ne vous parle même pas des fois où j’ai eu l’audace d’insulter en retour le mec qui m’a insulter (oui ce n’est pas le truc le plus intelligent, mais parfois on craque un peu, et on ne m’a pas éduquée à me laisser malmener…)

Bien sûr, ce genre de comportement empire aux beaux jours, les filles sortent leurs jupes, les mecs semblent devenir plus cons (est ce qu’on vous emmerde dès que vous vous mettez en short messieurs ?)

Mais je me fais même klaxonner alors que je sors chercher mon courrier dans ma boite aux lettres (un vieux truc qui n’a pas d’ouverture vers l’intérieur), entre deux couches de peintures, les cheveux attachés n’importe comment, portant un vieux jogging et un tee shirt informe tâché de peinture!! On m’explique là ?

Je me rends compte qu’il y a  deux périodes de ma vie où j’ai été tranquille dans la rue : gamine, et pendant ma grossesse (à peu près en tout cas).

Parfois on se dit qu’il vaut mieux en rire (c’est plus facile) mais on a quand même plutôt envie de pleurer la plupart du temps devant ces comportements)

En ce moment c’est quand je vais faire mes courses que je ne suis plus tranquille, j’y vais pourtant (en plus même je dirais) toujours avec Ticali, mais le gars de la sécurité a décidé de me dire apparemment presque à chaque fois que j’y vais, qu’il me trouve charmante (et plus si affinité), maintenant je fais donc mes courses en quadruple vitesse et en priant pour ne pas le croiser…

Le problème majeur que l’on rencontre dans notre société soit disant civilisée, c’est que la plupart des hommes ne se sentent pas concernés par ce phénomène, ils n’y sont pas (ou alors très rarement) confrontés.

Il m’est arrivé de me faire agresser verbalement (discrètement) alors que le chéri était à côté, la plupart du temps, il ne s’en est pas rendu compte, n’a même pas entendu. Je me souviens d’un trajet en métro (5/10mn) où le mec d’en face m’a insultée pendant tout le long du trajet car (et là c’est encore un autre sujet), il me prenait pour une musulmane et j’étais avec « un blanc » (ce sont ses termes)on a donc affaire à un harceleur doublé d’un raciste…). 10mn, où j’ai préféré regarder ailleurs et me taire, pour ne pas gâcher la soirée, 10mn où le chéri lui, ne s’est même pas rendu compte de la chose.

Une autre fois, où nous avons été agressées, une amie et moi (elle se reconnaîtra) en plein coeur de Toulouse, un samedi après-midi. Cette fois là, je me suis défendue, deux hommes on fini par intervenir à un moment, l’un d’eux me disant de me calmer, que ce n’était pas grave, que ce n’était que des enfants (oui, nous nous sommes faites agresser par un groupe de gosses/ados) l’autre furieux de l’agression, nous soutenant mon amie et moi. Suite à ça, on est allées se réfugier dans un café, tremblantes. J’ai appelé le chéri pour qu’il nous raccompagne. Comme il était chez un ami, on est allés chez lui. Réaction de l’ami « bon, ben t’as rien? » . Non physiquement je n’avais rien, mais le traumatisme (je n’exagère pas), le fait qu’on se fasse agresser un samedi en pleine journée en pleine ville on s’en fou ?

On parle d’un monde où une femme ne devrait pas sortir le soir sans un homme (oui mesdames sachez-le, vous incitez au viol en faisant ça), on peut parler d’un monde où une femme a le droit de se défendre et où les personnes autour pourraient réagir un minimum (hommes et femmes ?) L’entraide ? Non ? Qu’est ce qui explique que mon homme se sente libre de traverser tout Toulouse en pleine nuit à pied pour rentrer à la maison sans se sentir en danger, alors que moi, quand je sors le soir je m’organise de façon, soit à me faire déposer à la maison par une copine, soit à laisser la voiture pas loin du métro, pour avoir le moins de trajet à pied à faire alors que je n’aurais que 12mn chrono pour rentrer à la maison à pied ? Passé 22h, j’évite. C’est devenu un mécanisme, une habitude, je ne me sens pas en sécurité.

Tant qu’il y aura des hommes pour penser que « toutes les femmes sont des putes » et des gens (hommes et femmes malheureusement) pour répondre quand on leur parle d’une agression « mais comment elle était habillée aussi? », on aura un problème. Je porte des jupes parce que je trouve ça joli, que je suis à l’aise en jupe, pas parce que j’ai envie de donner envie ou de me faire agresser. J’aimerais pouvoir sortir le soir entre filles et rentrer chez moi à pied sans craindre de me faire agresser (que ce soit verbalement ou physiquement, car d’une, ni l’un, ni l’autre n’est agréable et on ne sait jamais à quel moment ça va dégénérer).

 

Le projet d'études de Rosea Posey, il semblerait que la plupart de mes jupes renvoient l'idée que je souhaite flirter, messieurs passez votre chemin, ce n'est pas le cas, c'est juste celle qui correspond le mieux à ma morphologie... Le projet d’études de Rosea Posey, il semblerait que la plupart de mes jupes renvoient l’idée que je souhaite flirter, messieurs passez votre chemin, ce n’est pas le cas, c’est juste celle qui correspond le mieux à ma morphologie…

Une vidéo qui retourne la situation hommes/femmes pour faire comprendre un peu aux hommes ce que pourrait être leur vie si on agissait comme eux.

Les articles de Diglee, sur son blog et Madmoizelle, qui m’ont donné envie de réagir. Quelques jours avant ces articles, je me commandais justement un tee-shirt de l’association « Colère : nom féminin » pour soutenir cette association contre le Harcèlement de rue, suite au récit de Chloé Vollmer-lo, la photographe de l’association qui racontait justement comment, lors de la séance photo pour l’asso, de nombreux hommes se sont arrêtés pour interpeller les modèles, voir les insulter…

Messieurs, avant de dire que toutes les femmes sont des putes, songez à vos mères, et demandez-vous si vous aimeriez qu’on vous aborde à chaque coin de rue. Pour ceux qui n’agissent pas comme ça, songez peut être à soutenir vos copines/femmes/compagnes qui vivent très probablement ce harcèlement de rue plus souvent qu’elles ne vous l’avouent, prennent sur elles et finissent par se hérisser de la moindre remarque (parfois même les vôtres du coup, sans que vous compreniez). 

Et les gens REAGISSEZ, l’union fait la force, et si on s’entraidait un peu plus, certains mal élevés oseraient peut être un peu moins la ramener.

Je pense aussi qu’il y a une notion de respect qui a été perdue quelque part dans le temps et l’espace dans l’éducation de ces hommes aujourd’hui adultes. Pour ma part, il y a des valeurs d’éducation que je compte bien passer à mon fils et être soutenue par le chéri dans celles-ci, et notamment cette notion de respect de la personne (qu’il soit homme ou femme). J’espère un jour pouvoir être fière de lui, de son comportement et de l’homme qu’il sera devenu. Et je pense que si je l’attrapais à avoir un comportement pareil, il y a des baffes qui voleraient, non mais !

xoxo, Jenn

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